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Quartier Impérial

La destruction des remparts médiévaux par les Allemands, en 1903, permit la création de nouveaux quartiers, en particulier celle du quartier Impérial.

Plusieurs objectifs vont présider à sa construction :

  • L'empereur Guillaume II veut "germaniser" la ville de culture française (son architecture classique en témoigne), en créant une nouvelle cité à l'architecture allemande. Les bâtiments de ce quartier devront affirmer l'appartenance de Metz à l'Empire et glorifier le pouvoir impérial. L'empereur pensait naïvement qu'en entourant les Messins de bâtiments de style allemand, ils allaient se sentir allemands...
  • Les militaires exigent un quartier organisé de manière stratégique autour d'une nouvelle gare, elle-même conçue dans l'éventualité d'une guerre contre la France,
  • La municipalité souhaite une nouvelle ville moderne, symbole du dynamisme de la cité,
  • La bourgeoisie veut un quartier de villas et d'immeubles luxueux, confortables, adaptés à son mode de vie ; un quartier d'habitations et d'affaires qui soit la vitrine de sa réussite,
  • Les architectes enfin ont leur propre objectif: créer un quartier harmonieux qui prendrait en compte les aspects fonctionnel et artistique.


Immeuble de la Rue Charlemagne

Les architectes vont admirablement réussir à faire fusionner ces cinq objectifs pour créer, "ex-nihilo", une nouvelle ville originale et majestueuse.

Mais la guerre de 1914-18 vint interrompre les travaux, et seul le quartier Impérial fut à peu près terminé.

Ce quartier, longtemps dénigré pour des raisons politiques (Barrès a écrit des pages ironiques sur son style architectural), est aujourd'hui redécouvert. La qualité de son urbanisme et de son architecture est maintenant appréciée à sa juste valeur.

Un ensemble urbain exceptionnel

Le quartier ImpérialJouxtant le centre-ville, le quartier du Sablon et la commune de Montigny-lès-Metz, le quartier de la Nouvelle Ville (appelé également Le Quartier Impérial) qui occupe 160 hectares, soit 8 % de la superficie de Metz a été bâti sur un terrain vierge, après que les remparts eussent été abattus.

Un grand défi pour les architectes de l'époque, mais aussi un véritable avantage, puisque se présentait ainsi l'occasion d'y appliquer une conception entièrement nouvelle de ce que l'on nommera par la suite l'"urbanisme".

En effet, toutes les théories élaborées par les plus grands penseurs et architectes en Europe à la fin du XIXe siècle se retrouvèrent concrétisées dans ce grand projet. L'architecte allemand Conrad Wahn, qui dessina le plan du quartier (achevé en 1902), défendit alors l'idée d'un art urbain dans sa totalité : chaque élément de cette ville se devait d'être esthétique et cohérent vis-à-vis de l'ensemble, tout en préservant une grande diversité d'influences artistiques et architecturales.

Le quartier de la Nouvelle Ville est l'exemple exceptionnellement préservé du bouillonnement d'idées qui caractérisa la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Preuve supplémentaire de la pertinence de ces concepts, après 1918 et malgré le contexte sensible de l'après-guerre, les travaux ont été continués par les Français pour terminer sa construction.

Le quartier Impérial Le quartier Impérial

Les immeubles qui font face à la Gare, bien que conçus par des architectes différents, respectent une composition symétrique et homogène, grâce à un dessin d'épannelage élaboré par Hermann Albrecht en 1910.

L'Hôtel des Postes, conçu par l'architecte Ludwig Bettcher, constitue avec la Gare centrale un des éléments fédérateurs du plan de la Nouvelle-Ville. Ses 20 000 mètres carrés de locaux s'étendent avec la cour de service sur la totalité d'un îlot d'environ de 100 mètres sur 100. Sa masse imposante en fait l'un des premiers bâtiments visibles pour le visiteur en sortant de la Gare. Les façades sont construites en grès rose, avec des colonnes en granit gris, et percées de fenêtres en plein cintre. Le décor, beaucoup plus sobre que celui de la Gare, est basé essentiellement sur des reliefs dans la pierre, avec quelques motifs fantastiques ou symboliques sur les chapiteaux, et un aigle impérial sur la façade, qui, là encore est effacé en 1919.

L'actuelle Avenue Foch correspond à une portion du "Kaiser Wilhem Ring" ou boulevard Guillaume II, qui ceignait la ville avant la démolition des remparts. Le règlement d'urbanisme de 1903 donne un statut différent aux deux côtés de l'avenue : la rive sud doit accueillir un alignement continu d'immeubles d'affaires et de commerces, avec une hauteur autorisée de cinq niveaux ; sur la partie nord, un lotissement est réservé aux maisons entourées de jardins, hautes de trois niveaux maximum, afin de ménager une transition harmonieuse avec les anciennes constructions. Ces villas, construites entre 1903 et 1905, sont toutes de belle facture, et adoptent des styles très différents : Renaissance, néo-classique 18ème, parfois mélangé avec des éléments art nouveau, architecture alsacienne, jugendstil...


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